Le Teatr Piba est une compagnie professionnelle basée à Brest. Sa création, en 2009, est la suite logique des rencontres et de collaborations de différents artistes comédiens, musiciens, metteurs en scène ayant en commun la langue bretonne que les parcours croisés et les expériences partagées ont conduits à un même désir: un théâtre en breton, contemporain et vivant.

PIBA est un mot laotien qui signifie 'littéralement' esprit fou
phi [pi:] est un nom commun : esprit (esprit des ancêtres ou esprit des bois par exemple)
ba [ba] est un adjectif: fou
affiche d'après Youenn GWERNIG création mai 2010 Labourva n°1

Mise en scène : Thomas Cloarec
Aide à la mise en scène et à la dramturgie: Stéphane Leucart
Texte : Youenn Gwernig
Musique et son: Jérôme Kerihuel
Scénographie : Saïg Ollivier & Thomas Cloarec
Distribution : Tony Foricheur, Lleuwen Steffan
Création lumière : Thomas Cloarec
Vidéo: Saïg Ollivier
Chargé de production : teatr piba
Photographies : Anne-Sophie Zika

prochaines dates:
Diffusion en cours

L'idée de 'laboratoire DIRI DIR' (LABOURVA en langue bretonne) fait suite à un stage création que nous avions mis en place dans le cadre du Festival Kann al Loar 2009. Ce travail se proposait d'explorer la matière littéraire du poème bilingue (breton-anglais) "An diri Dir" (Les escaliers d'acier) écrit par Youenn Gwernig dans les années 70. Un long poème-déambulation où l'auteur livre entremêlés le spectacle de la rue new-yorkaise tandis que le métro l'emmène sur son lieu de travail, des reminiscences de son enfance bretonne et fugacement, l'ébauche de thèmes mythologiques transculturels comme la figure ambigüe de Tiresias.

La richesse thématique et sémantique du poème nous avait permis d'ouvrir des pistes de travail théâtral, tant au niveau de la forme (recours à des procédés techniques particuliers, comédiens récitants...) que du fonds (thématiques liées à l'exil, à la mégapole, à l'identité...). L'identité, particulièrement, est omniprésente dans le creuset urbain où se situe le poème : Identité qui ne peut se résumer à l'une ou l'autre de nos appartenances (fut-elle nationale...) pour reprendre Michel Serres : identité individuelle réduite à néant par l'anonymat urbain, identités culturelles déracinées, métissées, réinventées, fantasmées à mille lieues de leurs berceaux d'origine, se confrontant sans trop savoir pourquoi aux autres cultures qui sont dans le même bateau, identités sociales déterminées ou non par l'une ou l'autre des autres appartenances : bouillon de culture à double tranchant.

Dans An Diri Dir, Youenn Gwernig est assis dans une rame de métro et laisse son esprit vagabonder, à la fois dedans et dehors, sans jugement : Il laisse les images s'associer et convoque librement ses souvenirs d'enfance, sa vie présente, les faits divers morbides du journal et la chair, les poitrines nubiles, les relents piquants de la sueur et de la pourriture. Et il recompose, tantôt en breton, tantôt en anglais, il donne à sentir autant qu'à voir sa perception de la réalité.

C'est donc à la fois la matière du poème et sa démarche que nous tentons de faire résonner dans ce projet :

– Aborder les problématiques contemporaines sous l'angle de la perception, des sens, se mettre en état de « réceptivité active », dans et hors de soi, dans et hors du monde, passif et agissant tout à la fois.

– Questionner les identités qui nous façonnent, démêler les ressorts émotionnels, sensitifs, oniriques, autant qu'intellectuels qui nous font nous sentir «de quelque part » ou pas.

- Mettre en œuvre et réfléchir à la notion d'identité créatrice.

Diazez / Thématique

An diri dir…
Ha me dizanv e tiskennis an diri dir da heul
An tropell dizanv
‘us deomp an tren disammet a ruilhe e gurun
gant tizh ha mall davet ur bec’hiad all
a spesoù buhezek lous ha naoniek
diskennerienn diri dir pazenn-ha-pazenn dibaouez
pep hini
‘n e baradoz
‘n e ifern
e-unan (…)

Nobody me going down the stairs of steels
Along with a herd of nobodies
up there the train’s rolling its thunder
with hate and speed to yet another load
of ghosts live hungry and dirty ghosts
endlessly going down the stairs of steel
each one
in his heaven
in his hell
all alone


An diri dir - Stairs of steelest un long poème bilingue anglo-breton–inachevé, à la manière d’un livre de chevet-, mais aussi un recueil de poèmes publiés pour la première fois en 1976. La plupart d’entre eux ont été écrit à New-York, où Youenn Gwernig résida entre 1957 et 1969. C’est au cours de cette période qu’il croisa la route de plusieurs poètes et écrivains de la Beat Génération, et notamment Jack Kerouac.
Youenn Gwernig a reçu le prix Langleiz pour l’ensemble de son oeuvre
poétique, en 1996.
‘ Un dornad plu / A handful of feathers’ Al liamm 1997
‘Les villes sont des bibles de pierre. Celle-ci n'a pas un dôme, pas un toit, pas un pavé qui n'ait quelque chose à dire dans le sens de l'alliance et de l'union, et qui ne donne une leçon, un exemple ou un conseil.’ Victor Hugo

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