Le Teatr Piba est une compagnie professionnelle basée à Brest. Sa création, en 2009, est la suite logique des rencontres et de collaborations de différents artistes comédiens, musiciens, metteurs en scène ayant en commun la langue bretonne que les parcours croisés et les expériences partagées ont conduits à un même désir: un théâtre en breton, contemporain et vivant.

PIBA est un mot laotien qui signifie 'littéralement' esprit fou
phi [pi:] est un nom commun : esprit (esprit des ancêtres ou esprit des bois par exemple)
ba [ba] est un adjectif: fou
affiche création 2014

Mise en scène et direction artistique : Thomas Cloarec
Assistante à la mise: Stéphanie Coquillon
Textes et dramaturgie : Aziliz Bourgès, Erwan Cloarec, Thomas Cloarec
Collaborateur(s) artistique à la mise en scène : Daniel Mroz, (travail chorégraphique) Lattanakone Insisiengmay (objets et manipulations)
Interprètes : Loeiza Beauvir , Charlotte Heilmann, Marion Guen, Tangi Daniel, Tony Foricheur, Jérôme Kerihuel, Fred Boudineau, Guillaume Le Guern
Scénographie : Nadège Renard, Jean-Michel Appriou, Yann Coquil
Création lumière : Stéphane Lebel
Création et régie son : Eric Péron
Animations, vidéos & titrages: Achille Berthoù, Sebastien Durand
Création musicale : Jérôme Kerihuel, Fred Boudineau, Guillaume Le Guern
Création et confection costumes : Marion Laurans, Kiritin Norath
Chargés de production : Jérémy Uguen, Maiwenn Le Nedellec
Chargée de diffusion : Maiwenn Le Nedellec

prochaines dates:
Diffusion en cours

"Nous sommes confrontés à tant de difficultés dans nos vies quotidiennes. Nous cherchons un réconfort spirituel à travers des choses matérielles comme le fric, les fringues ou les bagnoles. Mais elles ne nous satisfont que très peu. C'est quand nous trouvons du réconfort dans des choses immatérielles telles que les sentiments humains, la lumière et le vent, ou l'ombre de quelqu'un qui vient de mourir, que nous pouvons alors assumer notre solitude",

Naomi Kawase, cinéaste

Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses

Le jour est paresseux mais la nuit est active

Un bol d’air à midi la nuit le filtre et l’use

La nuit ne laisse pas de poussière sur nous



Mais cet écho qui roule tout le long du jour

Cet écho hors du temps d’angoisse ou de caresses

Cet enchaînement brut des mondes insipides

Et des mondes sensibles son soleil est double



Sommes-nous près ou loin de notre conscience

Où sont nos bornes nos racines notre but


Le long plaisir pourtant de nos métamorphoses

Squelettes s’animant dans les murs pourrissants


Les rendez-vous donnés aux formes insensées

A la chair ingénieuse aux aveugles voyants


Les rendez-vous donnés par la face au profil 

Par la souffrance à la santé par la lumière 


A la forêt par la montagne à la vallée 

Par la mine à la fleur par la perle au soleil


Nous sommes corps à corps nous sommes terre à terre

Nous naissons de partout nous sommes sans limites


Paul Eluard (1895-1952)



« Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses... »

Les récits de la métamorphose nous habitent, nous fascinent. Ils renferment en eux-mêmes la possibilité de la transformation en même temps que la question de la forme et de l’essence. Qu’est ce qui se transforme en nous ? Qu’est-ce qui nous transforme ? Le corps se transforme inexorablement, jour après jour, et sa propre finitude est bien sa seule certitude. Tout le reste est écriture, stigmates. Et nous allons, balafrés, le long des chemins défrichés années après années par nos expériences passées, engourdis souvent par l’apparente familiarité des choses. Nous procédons, chemin faisant, à de menus ajustements sur le territoire intérieur, oublieux, flemmardant, feignant de ne pas entendre les flèches qui fendent l’air autour de nous. L’une d’elle parfois nous frappe dans le dos, nous arrache un long cri, nous laisse suffoquant. Palpitant offert aux quatre vents. La carte du territoire : inutile. Les chemins connus : inutiles. La couleur du ciel : autre. Un creux laissé par l’absence, une brèche par où tout s’engouffre, jusqu’à l’éclatement, le démembrement, l’éparpillement. Après la tempête, c’est encore nous et ce n’est plus nous. Quelque chose en nous est mort et quelque chose est né. Un nouveau sentier qui ouvre vers des parages inconnus.

Étiologies...

C’est à partir de cette matière que nous abordons le travail : Nos récits intimes du vieillissement, du deuil et de la renaissance. Le journal que nous tenons jour après jour en notre for intérieur, de nos blessures, de nos embrasements, en suspens entre l’abandon désespéré et la fureur poétique. Ce que nous savons être notre part commune mais que nous ne parvenons jamais vraiment à partager. Car la perception est indissociable de la métamorphose : « Je ne suis plus le même, je me sens différent... ». Avec le recours aux mille dieux enchevêtrés de nos panthéons personnels, aux réminiscences sensitives, aux palabres anciennes, aux colloques incessants avec les autres nous-mêmes, nous écrivons nos contes du « pourquoi les choses sont comme elles sont », nous créons et recréons en permanence des histoires pour donner un sens …

METAMORFOZ from Teatr Piba on Vimeo.


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